Partager l'article ! Benoit XVI et les médias: un dialogue de sourds…: UN « LANGAGE » HORS DU « LANGAGE »…. Il n’y a vrai ...
UN « LANGAGE » HORS DU « LANGAGE »….
Il n’y a vraiment pas de plus grande aberration que de soustraire un condensé de langage de son contexte d’origine et tenter de lui attribuer une interprétation, hors contexte ! Pire qu’un quiproquo, c’est contraindre véritablement l’avènement d’un sens entre deux entités insensées.
En effet, à lire et à relire les propos du Pape, même à les réécouter sur le net, il n’y a objectivement aucune pertinence à prétendre que le Pape intentait un quelconque procès contre le préservatif comme motif de son premier voyage en Afrique ou encore qu’il ait fait du fléau l’objet fondamental de son déplacement ! Reprenons, ici, les propos de Benoît XVI : «… Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du SIDA uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème…. ». N’est-ce pas là plutôt, une réaction qui, pesant l’ampleur et la complexité du fléau, sait apprécier, dans un profond réalisme, très conscient, tout le potentiel humain pour reconsidérer résolument la lutte contre le drame ?
De surcroît, pourquoi doit-on passer outre toutes les précautions du Pape, mises au conditionnel, qui précèdent les propos dit « belliqueux ». De fait, prenant en compte la syntaxe de ses propos, Benoît XVI, avant d’admettre qu’« on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème », prend soin de considérer que « si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains… ». Le comble de l’aberration, je me demande pourquoi la dite propagande médiatique n’a pas voulu prendre en compte la première prise de position explicite de la déclaration du Pape : « … on ne peut pas surmonter ce problème du SIDA uniquement avec des slogans publicitaires. » ? Serait-ce par pure option partiale émotive ou par un refus explicite d’informer les auditeurs manifestant ainsi l’évidence que l’objectivité médiatique est une illusion ?
Somme toutes, j’adhère pleinement aux propos de Mgr Anatrella lorsqu’il qualifie cette sorte de propagande de « lynchage médiatique où la mauvaise foi se mêle au procès d'intention et à la surinterprétation ». Je ne sais comment on pourrait mieux apprécier le rôle, ici, joué par les médias. Dommage…, c’est bien dommage… !
UNE MYTHIQUE SOLUTION SANITAIRE …..
L’homme, que d’aucuns qualifient de « roseau le plus faible de la nature », doit souvent son salut à sa géniale capacité d’adaptation à la nature. Par delà son potentiel scientifique et technologique en permanente émergence qui lui permet de s’ériger en maître domptant la nature, les limites du corps la dégradation progressive des facultés et capacités humaines lui révèlent sa propre finitude existentielle : il est autant fort que sa faiblesse le lui permette de s’en convaincre. Le mythe d’une existence immortelle assouvi un tel fantasme. Ce dernier est pris en compte par la médecine qui dès lors, affiche sa suprématie dans toute société, du XXIè siècle, après l’éducation, par tous les systèmes sanitaires élaborés en vue de favoriser l’accès de tous à la santé, de prolonger, tant que peut se faire, l’existence humaine (médecine de soin, du troisième âge, soins palliatifs), ou de « recréer » l’homme sur modèle (clonage) …
L’idée n’aurait-elle fini par advenir dans le subconscient de l’imaginaire sociale selon laquelle il se pourrait que le dernier recours à une vie épanouie ne peut nous être offert que par les exploits de la médecine ? A quoi bon prétendre manifester autrement le génie d’adaptation de l’homme à la nature ? A quoi bon recourir à d’autres moyens pour éradiquer un fléau aussi néfaste que le SIDA, si par le passé l’histoire nous rafraîchi la mémoire que la peste, le cholera, la lèpre, la rougeole…. et tant d’autres fléaux qui, à leur époque, ravageaient tout comme le SIDA aujourd’hui, ont été maîtrisés grâce à la médecine ! Bien qu’on n’ait oublié que même dans ces cas, la médecine ne nous a proposé que des barrières avec leurs limites ! On trouve encore des foyers d’infections de ces maux… Mais peu importe, Le mythe sanitaire de la médecine poursuit son court. Il n’y a qu’à faire œuvre de mémoire pour se rendre bien compte qu’oser exhiber l’abstinence ou la fidélité pour lutter contre le SIDA, au XXIè siècle, c’est faire preuve d’anachronisme criminel.
Ces moyens –abstinence et fidélité - n’étant pas « réalistes et efficaces », comme le révèle Philippe Visseyrias, le journaliste de France 2, dans ses propos au Pape. Il incarne, en effet, un certain courant culturel en vogue dans la société contemporaine où les critères de réalisme et d’efficacité ne se comprennent que passés au crible de la manifestation d’un résultat évident et immédiat répondant à la logique procédurale de l’automatisme systémique. Nous sommes en plein dans le pur raisonnement scientifique !
Cependant, ne serait-il pas un peu borné d’esprit de croire que les manifestions de la vie humaine n’obéissent qu’à une logique scientifique stéréotypée… qui plus est la médecine ! Rien que la simple sagesse du B.A ba des Sciences Humaines admet comme postulat le principe que l’être humain est complexe et dynamique. Au-delà du « soma » biologique, anatomique, l’homme advient dans son être au monde, en permanence, en situation. Pourquoi alors s’époumoner à vouloir lui imposer le monopole d’une seule et unique approche, aussi noble soit-elle, telle la médecine ! Face au SIDA, c’est tout comme si les approches médicales, sanitaires, seraient irréprochables, sans défaillances mais confirmées comme étant les plus sécurisantes et les vraies garanties de la prospérité humaine à l’heure de la recherche des solutions pour freiner le fléau ! Le préservatif est alors à la mode…
LE « PRESERVATIF » NOUS ARRANGE … OU LUTTE CONTRE LE SIDA ….
Une préoccupation s’impose, ici, à moi face à tout cet acharnement sanitaire : le préservatif, préconisé souvent sur le terrain de la lutte contre le SIDA. Pourquoi tant d’intérêts pour le préservatif ? La question vaut son pesant d’or à bien des égards idéologiques, socio-politiques, économiques… Par ailleurs, serions-nous en pénurie d’approches d’irradiation du fléau ou nous favoriserait-il un certain « libertinage » sexuel qui caractérise notre mode de vie contemporaine, malgré le SIDA ? Est-ce à ce niveau qu’il faudrait cerner les critiques « atavistes », « conservatistes » souvent adressées à l’Eglise qui poursuit la propagande de l’Abstinence et de la fidélité comme moyens de lutte contre le SIDA ? Ma préoccupation voudrait se fonder dans une simple observation de nos paysages citadins modernes!
Des plus grandes métropoles contemporaines aux provisoires campements de tourisme, il est devenu impératif, voire faisant partie des mœurs, de ne pas ignorer, dans l’architecture, la construction d’hôtel, de chambres de « passage »... La prostitution n’est plus seulement « le plus vieux métier du monde » mieux, il en devient le plus manifeste après les salles de jeu et les « boîtes de joie »… Ne poursuivent-ils pas le même intérêt… !
L’industrie du sexe qui fleuri et foisonne, autour de nous, s’est majestueusement implanté sous la forme d’un mode de vie sociale tel un « nouvel être au monde ». Que cela se passe en couples stables ou mouvants, en homos ou en hétéros, sans frontière d’âge ni de statuts, de nuits ou de jours… tout une morale sociale porte à laisser libre court aux instincts hédonistes même si c’est au détriment de nobles valeurs et engagements fondamentaux. Des premiers rapports sexuels, qui se font de plus en plus précoces, aux « jeux » pervers des adultes, les relations sexuelles ont substantiellement changé de sens. L’on est « olympiquement » passé du don intime de soi en vue de la reproduction au simple plaisir sensuel, passager, nourri de la peur de toute procréation.
N’avons-nous pas un réel besoin de canalisation de la libido ! Une auto-éducation sexuelle n’est-elle pas à mettre à l’ordre du jour de l’humanisation même après la puberté ?
ET SI BENOIT XVI ETAIT UN PROPHETE POUR NOTRE TEMPS ….
J’exulte, un instant à l’idée que plus que le bout de son nez, le Pape Benoît voit plus loin… Ce n’est pas uniquement le problème du SIDA qui lui tient à cœur mais plus que cela c’est l’homme qui se perd dans un monde où les références se dissolvent, dont il rêve de restaurer à la dignité : « La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. »
Le sens de l’Amour humaine ne peut être définit à partie de la pandémie du SIDA en adéquation « sexe=préservatif ». Mais il nous faut retrouver le vrai sens de l’Amour fécond, recréateur, reproducteur, comme valeur humaine.
Père Denis SORO,
Salésien de Don Bosco
Cotonou - Benin
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires